South India 2006, suite et fin

7.11, Arambol.
 
On est mardi. 
La notion des jours refait son apparition. On a un avion à prendre vendredi. Il s'agirait de ne pas le rater (quoique).
 
On n'aurait pu choisir mieux comme dernière étape. Un goût de vacances au terme de nos vacances.
Un village où, certes, l'activité principale est centrée vers les touristes, mais d'une façon beaucoup plus naturelle et harmonieuse qu'à Anjuna.
Anjuna ressemblait à un Club Med pour adultes, artificiel.
Arambol, c'est un petit village le long de la mer, avec plein de touristes.
Vous cernez la différence ?
 
 
Des paillottes sur la plage, où on s'assied sur des coussins pour siroter un verre au coucher du soleil,
 
 
Un soleil généreux,
Des étoiles dans le ciel et sur la plage,
Des vaches prenant un bain de soleil,
Le paradis des chiens,
Le chant des grillons la nuit,
Et des forêts de palmiers.
 
 
 
Un visage de l'Inde complètement différent que celui vu à Pune, Kolhapur, Bangalore ou même Kochi.
Un si grand pays ne pourrait pas être homogène…
 
 
9.11. Arambol
 
Dernière après-midi sur la plage.
 
 
 
Le soleil, la musique sur les oreilles.
 
 
 
L'envie de faire des sauts de chats, des poiriers, de marcher sur les mains…
 
Alors je m'y mets, puis je demande à Géraldine de prendre des photos parce que ça doit être vachement beau avec mon pantalon turquoise, le sable, la mer et le soleil.
 
 
 
Puis une roue,…
 
 
 
 
 
(nb: je vous la montre en GRAND parce que vraiment, elle est BELLE cette photo!)
 
 
Les jambes beaucoup trop écartées et soudainement, la douleur…
 
Cécile, couchée par terre, mi-rigolant, mi-souffrant.
 
Une heure plus tard, la douleur étant toujours aussi intense, clopin-clopant jusque chez le docteur du village, qui n'est pas là.
Il arrivera à 19h.
Il est 16h30…
 
On peut l'appeler et il arrivera du village voisin à vélo.
On se dit qu'on va l'attendre pour ne pas payer le déplacement (fin de voyage, on est fauchée !).
 
Puis je me rends compte que même si je suis passée pro dans l'art d'attendre, l'attente dans la douleur c'est autre chose !
 
Mais quelle idée j'ai eu ?? !!
Mais quelle STUPIDE idée !!
Sans m'échauffer….
Mais quelle idiote !!
 
Ahhh, je n'ai plus la souplesse de mes 16 ans !
 
Donc Géraldine retourne chez le médecin (qui fait aussi Cyber Café).
Le frère du voisin est parti boire le thé…
On va l'attendre mais ici, le thé, c'est sacré et on prend son temps !
 
Non, mais quelle imbécile je fais !
 
Même assise sur une chaise, ça fait malllll-euh !
 
Finalement, on a fait venir ce médecin à vélo.
J'ignore à combien de kilomètres se trouve le village voisin et je me demande s'il aura une lumière bleue avec une sirène sur son vélo.
 
Pfffffff
 
Qui fait la maligne !!
 
Enfin, la photo est belle !
Elle…. Déchire !! (AH AH AH AH AHA AH AH AH A !!!)
 
18h40, cela fait 1h30 que ce docteur est sensé arriver…
On boit des bières, ça fait passer le temps et la douleur…
 
Finalement, il est arrivé.
Le play-boy de Goa, lunettes de soleil, sourire éclatant (genre François dans Juliette Je t'aime, vous voyez ?).
 
Bilan : crème chauffante (qu'il m'a proposé de m'appliquer – mais non merci, je peux le faire toute seule – touche pas je te dis, ça fait mal !!!!!!!! ), anti-inflammatoire et repos de la jambe. Mais ça c'est pas gagné puisque on remonte demain à Bombay.
 
Il est 21h30, ce medoc m'a assomé (les bières bues auparavant n'aident pas !).
 
Pas de dernier verre sur la plage pour moi, à moins qu'on m'y porte !
 
Nos sacs sont à peu près bouclés, plein de souvenirs et de grains de sable…
 
Dernière journée de ce voyage, demain..
10h de train pour voir défiler ces villages, ces visages et ouvrir grand nos sens une dernière fois pour s'en imprégner.
 
Il reste quelques pages à ce carnet, de quoi papoter avec vous lors de cette dernière étape.
 
Douce nuit !
 
10.11. Train vers Dadar (Mumbai)
  
 
 
  
  
On finit en beauté par 10h de trajet dans un train de m#%d$.
10h sans voir défiler le paysage, à cause d'une absence de fenêtres.
Magnifique !
Ca ne fait pas deux heures qu'on est assises et on n'en peut déjà plus.
 
Un monsieur vient de m'engueuler parce qu'avec nos 3 tonnes de bagages, on occupe une grande partie de l'espace leur étant réservé.
Il veut que j'en fasse quoi ?
LES METTRE SUR MA TETE ??????
 
Il m'a fait des yeux méchants mais à ce jeu là, je suis très forte et je lui ai fait comprendre que je pourrais le MORDRE !
 
Mais histoire de faire preuve de bonne volonté, j'ai retiré nos deux petits sacs (en marmonant) afin qu'il puisse déposer sa valise.
 
 
 
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Je vous disais précédemment que j'aime lire le journal local dans des lieux étrangers.
J'ai donc à nouveau acheter le Times Of India ce matin. ?
Et fût ravie d'y lire qu'il y a une 'High Alert' terroristes dans tous les aéroports du pays AUJOURD'HUI !
Pfff, des menaces AL Quaida.
Mais non – heu !
Pas le jour de notre départ tout de même ! Un peu de respect quoi ! Zut !
 
Et puis Al Quaida, il lui reproche quoi à l'Inde ?
Ils sont anti-Bush,
Ils sont opposés au verdict du procès de Sadam Hussein,
Ils sont quasi tous végétariens et ils nourrissent les rats !
Comment on peut vouloir du mal à un peuple qui nourrit les rats (ce sont des dieux, c'est pour ça) ??
L'article ne nous éclaire pas sur le sujet…
 
 
Ces heures sont un cauchemar. Véritablement.
On est serré comme des sardines.
Le monsieur à ma gauche sent mauvais. Très mauvais. Un coup de chaud sans doute.
A ma droite, un couloir de 30 centimètres.
Evidemment, mon épaule est sans cesse dans le chemin du mec qui passe toute les deux minutes en criant 'coffee, coffee, coffee'.
 
Si tous nos trajets s'étaient déroulés dans de telles conditions, on se serait payé des crises de nerfs, y a pas photo !
 
Chaque fois que le train passe dans un tunnel, le bruit atteint des décibels record.
Je regrette que mes boules Quies soient au fond de mon sac.
Mon lecteur MP3 joue 'What a wonderful World'. Ca en est presque drôle.
 
MAIS ENFIN! IL VA ME DEBOITER L'EPAULE S'IL CONTINUE !!!!!!!!!!!!!!!!
Je sens l'ENERVEMENT me gagner !
 
Inspirer – Expirer – Inspirer – Expirer –ins….
 
Je viens de vérifier, la largeur de mon siège est plus étroite que ma carrure (je ne suis pourtant pas bien grande !).
Il est donc physiquement IMPOSSIBLE que je ne dépasse pas du siège.
Et ce mec qui, inlassablement, traverse le wagon 'coffee, coffee, coffee !'
 
ON LE VEUT PAS TON COFFEE !!!!!!!!!!!!
CE TRAIN EST UNE FOURNAISE !
VEND DES ESQUIMAUX GLACES , T'AURAS PLUS DE SUCCES !
 
 
Vous connaissez Polyanna et le jeu du contentement ?
Un film Walt Disney des années 60.
L'histoire d'une oropheline qui a un super jeu.
Quand il lui arrive un truc moche, elle trouve toujours une raison de s'en réjouir.
Le film atteint son paroxysme lorsqu'à la fin, elle tombe d'un arbre et se retrouve paralysée.
Un ami lui suggère alors de trouver une raison de s'en REJOUIR !!
Non, mais, la blague quoi !
 
Je ne me souviens plus de sa réponse, mais cela nous donne une belle leçon de courage ! (mouais…)
 
J'ai du voir ce film au moins 5 années consécutives au cours de religion à l'école primaire.
Comme si, à force de le voir, on se serait trouvé une passion pour ce jeu !
Les profs, tout de même …
 
Bon, réfléchissons…
Pourquoi pourrait-on se réjouir d'être dans ce train ?
 
Ah ben oui, premièrement, nous pouvons nous réjouir de ne pas l'avoir raté.
Ensuite on peut se réjouir d'avoir une place assise. Ca aurait été pire de passer 10h debout quand on y pense.
On peut aussi se réjouir du fait que ce mec vendent du thé et du café. On ne mourra pas de soif. Peut-être juste de chaud.
 
BON, ça marche pas ce BETE jeu !
Je n'arrive pas à m'auto-convaincre que c'est une chance d'être assise dans cette cellule roulante.
 
 
 
Encore 5h,
On est à deux doigts de la crise de nerfs !
 
Les voisines de Géraldine disent qu'on arrive à 23h, les miens à 20h30.
On choisit de croire les miens !
 
De jeunes hommes nous mitraillent avec l'appareil photo de leur téléphone portable.
Il y a des baffes qui vont se perdre !
 
We are the warriors ! we are survivors !
 
19h30. On est dans un état second. On attend que ça se passe.
Que faire d'autre ?
 
Le train a un retard annoncé de 30 minutes.
Tant qu'à faire…
Les piles de mon lecteur mp3 m'ont lâchée. C'était les dernières.
C'est vraiment la fin.
 
 
Samedi 11 novembre, 17h, Paris, Tribal Café
 
A Paris depuis 5h déjà.
La jambe complètement démantibulée et assommée des 30 dernières heures passées.
 
Je vous avais laissés dans le train, au bord de la crise de nerfs.
 
Nous sommes finalement (forcément) arrivées à destination.
Une traversée de Bombay plus tard (c'est immense Bombay !), nous sommes arrivées à l'aéroport hautement sécurisé.
Notre avion a décollé avec une heure de retard (mais le retard, on s'y est fait).
A peine assise, on s'est endormie comme des masses.
Au réveil, on était à Milan.
 
Première impression : le froid.
 
On avait quitté nos pays pendant l'été indien. On revient et l'hiver est là.
 
Sentiment étrange. Hier à la même heure, on attendait ce train infernal.
 
Là, je suis dans mon bar de quartier, je bois un thé.
 
Ces mondes sont tellement différents qu'ils mériteraient que le trajet pour en revenir se fasse en 2 ou 3 jours.
Quelques heures d'avion, une sieste et nous voilà ici, le sac plein d'odeur qui bientôt se dissiperont.
 
Des mots et des photos.
 
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