South India 2006, qu'est ce que je peux être bavarde parfois !

South India 2006; les premiers jours...
Humeur actuelle : méditatif

 

Samedi 21.10.2006, vol Milan – Mumbai
 
Ca y est, le decompte est enfin terminé !
Le voyage a démarré…
Vol au dessus des nuages, un soleil éclatant et les Beach Boys sur les oreilles.
Que demander de plus ?
Un lit peut-être…
 
 
Dimanche 22. 10, Kolhapur
 
Ca fait que 24h qu'on est là ?
Non sérieux ?
 
Reprenons depuis notre arrivée…
 
A peine arrivés et sacs récupérés, on a papoté avec un normand (Stéphane, 25 ans, saisonnier et rave parteur) qui souhaitait se rendre au plus vite à Goa.
Comme il était minuit et qu'on n'avait pas réservé d'hôtel à Mumbai (un jour de fête nationale !!), on a décidé de ne pas trainer dans cette métropole et nous avons opter pour l'option voiture jusqu'à Pune (3h de route de Bombay).
On y est arrivé vers 4h et on a hiberné !
 
Ensuite, on a constaté que tous les trains pour Goa étaient complets pour les 2 jours à venir… on a rencontré deux françaises qui cherchaient également à continuer à descendre dans le sud et nous avons à nouveau choisi de partager une voiture afin de toutes s'avancer sur notre route.
 
Dimanche passé, j'ai achevé la lecture de La Fasciniation du Pire de Florian Zeller. Et aujourd'hui, sur la route entre Pune et Kolhapur, j'ai repensé à diverses idées évoquées dans ce bouquin.
D'abord je vous explique le contexte de mes réflexions.
Ceux qui ont déjà été en Inde doivent avoir noté la conduite pour le peu sportive des conducteurs Indiens.
Pour les autres, imaginez des routes cassées de partout sur lesquelles on roule à droite ou a gauche selon l'humeur (et ce dans les deux sens), sans feux rouges (ben oui, pour quoi faire ?), sans marquer l'arrêt aux carrefours et sans utiliser les clignotants (purement décoratifs ! pourraient être remplacés par des Ganesh phosporecent finalement).
Au mieux on klaxonne pour prévenir qu'on dépasse (par la droite ou la gauche), au pire on dépasse simplement…
Bref.
Hier on s'était fait une étape de 3h et de faon très chanceuse, on a fait quasi que de l'autoroute pas trouée et peu fréquentée. On a quand même croisé sur notre route un bus qui s'était pris le décor. Ca rassure…
Par contre, aujourd'hui, mes routes étaient blindées et en plus j'étais assise à l'arrière et au milieu.. sans ceinture évidemment (pour quoi faire ?).
 
Et là, des coups de stress…
 
Prenez des routes de montagne classiques, trouez-les et puis roulez à gauche afin de prendre les virages en épingle au plus court. Evidemment, ce n'est qu'après le virage passé que vous voyez si une voiture arrive sur cette même bande dans le sens opposé !!
Imaginez qu'au moment où vous voulez dépasser un camion, celui-ci décide de doubler un autre camion . Et bien vous vous retrouvez vachement près du décor !
 
Bref , 4h30 de voiture pendant lesquelles je n'aurais pas été capable de fermer une paupière, craignant constamment le pire.
 
Le pire.. parlons-en.
 
Dans La Fascination du Pire, le héros se retrouve à Marrakech et lors d'un dîner, une femme marocaine lui dit que nous, les européens, sommes fascinés par le pire.
Si quelqu'un est en retard de 2h, on se dit qu'il a eu un accident ; si notre téléphone sonne en pleine nuit, on se dit que quelque chose de grave a du arriver ; …
Et bien cette petite elle est dans le vrai.
J'ignore si ce constat est réellement applicable à tous les européens, mais pour ma part, je dois être fascinée par le pire.
Pourtant, ni moi ni mes proches n'ont jamais eu d'accidents…
Je me trouverais même plutôt née sous une bonne étoile.
 
Pourtant, je ne peux m'empecher de penser au pire… et encore aujorud'hui.
 
Pendant ce temps là, Isaac, notre chauffeur semblait impassible. Pas peur le gars.
De même que les passagers de toutes les motos croisées sur notre route.
Ici, sur une moto, on met le conducteur + 3 passagers + un bébé ! Qui dit mieux ? Ah oui, évidemment, sans casques !
Et si on est une femme, on s'y assied en amazone parce qu'on ne peut pas à la fois porter le sari et s'assoir à cheval sur une moto.
Et pourtant, j'ai beau avoir observé celles que l'on dépassait, et rien ne laissait penser qu'elles auraient pu être en train de craindre le pire.
 
Mais d'où leur vient cette assurance ?
 
De la religion ? Si l'on meurt on est réincarné de toute façon ?
De l'habitude ? Quand on voit que les bébés font des kilomètres couchés à plat ventre sur une moto, on peut penser que ces dames sont habituées ?
Ou alors, pour revenir au livre de Florian Zeller, est ce par croyance en la fatalité ?
 
Dans ce livre est raconté une anecdote du 11.01.2001
 
Le 10 septembre, un monsieur qui travaille dans une des tours du WTC à l'étage qui fût percuté par un avion, reçoit un coup de fil de son patron. Celui-ci est malade et demande à cet employé de se rendre le lendemain à un colloque.
Le 11 septembre, ce monsieur n'est donc pas da ns son bureau dans le WTC… Il est assis dans un avion qui se dirige vers Washington et qui se fera détourner par un membre d'Al Quaida. La suite vous la connaissez …
Fatalité. ( ?)
Ce qui doit arriver arrivera ?
 
Cette théorie de la fatalité on la retrouve de façon plus positive et romantqiue dans un film mettant en scène Gwynet Palthrow (Pile ou Face, je crois). Elle rate le métro et sa vie semble déraper…
On nous montre parallèlement ce qu'aurait été sa vie si elle n'avait pas raté le métro.
Dans les deux cas, elle rencontre tôt ou tard, le même homme présenté comme l'homme de sa vie…
Les choses sont-elles vouées/condamnées à arriver, quoi que l'on fasse ?
Je ne sais pas trop…
 
Mais cela, c'est le résumé de mes pensées pendant ces 4h30 de route…
 
 
Lundi 23.10, trajet Kolhapur-Anjuna
 
Apres avoir marchandé longuement, on a trouvé un accord pour le prix et la destination avec un chauffeur (a Kolhapur il n'y a pas de gare !! pas pratique pour prendre un train).
 
 
Ces premiers jours de vacances prennent la couleur d'un Roas Trip !
En route pour 4h nouvelles de voiture ( à priori les dernières pour plusieurs jours ).
 
Notre chauffeur est prudent cette fois… ça devrait se passer sans encombres.
Quoique !
 
Les routes en trop mauvais état ont eu la peau d'un de nos pneus qui menace d'éclater à tout moment. Arrêt obligatoire au milieu de nulle part.
Petit « village » d'une dizaine de « maisons » à flanc de colline. Pas d'eau courante ni d'électricité. Une chaleur tropicale.
 
Cela fait ¾ d'heure que nous y sommes arrêtés. Pas de signe de notre chauffeur.
 
 
En parlant du loup…
 
Il va attendre un mécanicien et c'est un gars du village qui va nous conduire à Anjuna.
 
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Une petite heure passée dans ce village sans nom, à croiser des sourires.
 
Finalement arrivée sur une des plages de Goa. On n'est plus en Inde du tout !
Des Européens partout, des prix indécents et Jack Johnson et techno en fond sonore !
On ne trainera pas ici mais ces deux journées nous ont fatiguées et on va se permettre de profiter de deux petites nuits pleine de quiétude et de la mer !!
 
Mardi 24.10, Anjuna
 
Journée glande. La plage, ballade…
Point trop m'en faut.
 
 
Indien craquant dans cette guest house… wow. Ces yeux ! Je peux le ramener ?
 
Mercredi 25.10, Anjuna – Margao
 
3 petits bus locaux… 40 kms en 2h30
On arrive a Margao, « carrefour de la communication » à Goa qu'ils disent.
Une réservation de train, un marché couvert et un resto glauque de chez glauque.
 
Jeudi 26.10, Margao -Mangalore
 
Une nuit cauchemar dans un hôtel à proximité de voie ferrée. Rien d'exceptionnel sinon qu'il fait extrêmement chaud !
 
Attention, Cécile fait du boudin !!
Ben oui, c'est comme ça. Je l'ai décidé ce ma matin à mon lever. Ou plutôt au lever du soleil.
 
Je venais de passer une nuit à tenter de dormir (sans AUCUN succès) et je n'avais dès lors pas l'intention d'offrir un sourire à cette journée qui s'annonçait selon mon point de vue comme une horrible journée :
 
Que je vous explique.
 
  1. Il fait chaud… mais genre tellement chaud que même à minuit en sortant d'une douche froide, en moins de deux secondes je suis recollante.
  2. Comme il fait très chaud, j'ai des coups de soleil. Du coup, je suis toute badigeonnée de crème solaire. Je colle et je déteste ça.
  3. Il fait de plus en plus chaud et donc les amis moustiques se font de plus en plus présents. Le répulsif pique sur mes coups de soleil. Et je colle d'autant plus. Et puis, comme j'ai probablement oublié 1 cm2 de ma peau, je sais que je me ferai de toute façon piquer.
 
Mais ce n'est pas pour cela que je fais du boudin et que je n'ai pas dormi.
 
Afin de ne pas enchainer bus puis train, on a décidé de passer la nuit dans là ville où en prendrait le train pour Mangalore. Grande Idée !
Et puis c'est toujours intéressant de passer une nuit dans une ville dont les guides ne parlent quasi pas.
 
Si le Lonely Planet n'en dit guère grand-chose, il cite des hôtels dont un qui selon leurs dires est le meilleur dans les petits prix.
Mais ce qu'ils NE DISENT PAS, c'est qu'il y a des chambres qui donnent sur la voie ferrée.
 
Quand on a remarqué cela vers 17h, j'ai dit 'bah, il doit pas y en avoir souvent des trains ».
 
BELLE ERREUR !
 
 
Des trains toutes les 20 minutes ! Comme je vous le dis !
 
Donc on a une chambre qui fait minimum 40°, un ventilatuer qui pour servir à quelque chose a besoin d'air frais (dans le sens, neuf) donc on ouvre la fenêtre pour faire dodo.
 
Un premier train passe.
Wow !
Il est passé entre nos lits ou quoi ??
Je me lève et je ferme la fenêtre.
 
1 h plus tard, un 4e train passe. Je l'entends aussi fort qu'avec la fenêtre ouverte et en plus il me semble évident que je suis à deux doigts de mourir étouffée dans mon sommeil.
Donc je rouvre la fenêtre.
 
J'ai donc passé une nuit à me faire réveiller toutes les 20 minutes !
Allez y, faîtes le test, coucher vous dans une chambre surchauffée et demander à quelqu'un de vous réveiller bruyamment toutes les 20 minutes.
Vous verrez de quelle humeur vous serez le lendemain !
 
Alors voilà, je fais du boudin depuis ce matin.
 
Ca fait 3h qu'on est assise dans ce train. Encore 5h !!
J'ai mal au derrière, je suis fatiguée mais j'arrive pas à trouver une position satisfaisante sur cette banquette de m#£@e !
On va arriver à 23h dans cette ville et il y aura encore 10 rickshaws qui vont se jeter sur nous pour nous proposer leurs services. Et j'aurais faim. Et il fera chaud dans la chambre.
 
Mais vous savez quoi ? Il n'y aura pas de voie ferrée. Oh non.
Je vais hiberner et RIEN ne me réveillera.
 
Et demain, croyez moi, je serai de bonne humeur !
 
Les gauche_droite en Inde, un sport de haut vol !

 

27. 10. Mangalore/ Gare féroviaire/ Reservation office
 
Quel système marrant !
On fait la file sur des chaises numérotées. On se déplace d'une chaise à chaque fois qu'une personne atteint le guichet. Une sorte de chaise musicale.
 
Si les indiens sont si patients, c'est peut-être parce que leurs conditions d'attente sont plus favorables que les nôtres.
 
 
Mail envoyé en ce jour aux amis :
 
Un des trucs que je prefere faire dans une ville que je ne connais pas, c'est un gauche droite...
Je pars d'un lieu que je connais, et a chaque carrefour, je tourne a droite ou a gauche, sans raison, juste parce que ca a l'air joli par la...

Je finis toujours par retrouver mon point de depart et ca aide a connaitre une ville.

A Bruxelles c"etait sympa et a Paris je l'ai fait un milliard de fois et continue a le faire.

Aujourd'hui, Geraldine ne se sentant pas en super forme, j'ai decide de faire un chti gauche droite dans Mangalore... On y est arrive cette nuit, apres une journee complete de train (rhaaaaaaaaaaaaa a-t-on idee de creer de si grand pays???).

Donc a la sortie de l'hotel, je fais droite, puis gauche puis gauche, tout droit, droite, gauche... et la je me rends compte que j'ai pas pris mon guide et que je voulais voir une eglise (ancienne ville portugaise ici, donc catho)alors je me dis pas grave, je retourne a l'hotel, genre, je retourne sur mes
pas....

IMPOSSIBLE !!!

Ben oui parce que pour fonctionner, un gauche droite, il faut des points de reperes... une boulangerie, un kioske a journaux...

Mais ici des points de reperes,.. j'en ai aucun!
J'ai pris a droite apres la vache noire couchee, puis a gauche apres la ligne de Rickshaw garees, puis tout droit, puis tout droit devant les femmes en burkas (il
y a de tout dans cette ville, du jeans, du sari et de la burka...)....
Puis comme des vaches, des rickshaws, des femmes em sari rouge ou bleu ou verts il y en a partout, ben voila... perdue la Cecile :-)

Ben je peux vous dire qu'elle est grande cette ville!
vache!
390 000 habitants? nah.. le lonely Planet ment parce que c'est immense!!
plus de 2 heures j'ai tourne en essayant de respecter une logique... genre: j"avais tourne 3 fois a gauche
donc....

Bon, en bout de course, je sais pas comment j"ai fait mon compte mais j'ai fini par repasser devant l'hotel, en arrivant de l'autre cote evidemment...

Mais pour le coup, j'ai visite la ville, ca oui !

On va rester dans le coin jusqu'q dimanche puis on continuera a descendre vers Kochi, dans le Kerala (14h de train, pitie, faites qu'elles soient de nuit cette fois!!! )où on risque de literallement se liquefier...

Bon, je retourne faire un tour de poussiere, soleil et klaxon ( traverser le rue ici c"est un sport de
combat!!!)

Il doit etre le matin par chez vous donc pomme journee!!

Cec

PS: vous saviez qu'il y a des demi fuseaux horaires?
Je tombe peut-être des nues mais ici on a que 3h30 de
decallage avec Paris... C'est pas qu'il y en ait si
peu qui m'etonne, c'est ce 'demi'...
On en apprend tous les jours :)
Inde - Parlons des plafonds

 

28.10, Mangalore
 
Quelle drôle de ville cette Mangalore !
Les rickshaws ici s'organisent en file d'attente et possèdent un compteur kilométrique (meter meter). Il y a des ronds-points et des agents réglant la circulation (habillés en cowboy avec chapeau et lunettes de soleil, top classe !).
 
On vient de passer l'apres midid à Ululla Beach et on s'y est fait un festin de poisson grillé. Petit plaisir.
 
 
 
 
 
 
Mahandi sur les mains, train demain.
 
 
 
29.10. Dernier jour à Mangalore
 
Visite du musée du national, il a du être magnifique le jour de son inauguration, et certainement abandonné dès ce jour-là.
Bâtiment et jardin façon anglaise, on est loin de l'architecture portugaise de Goa.
Zut, on est dans quel état encore ici ? Karnataka ? Enfin, un truc comme ça.
 
Petit tour à un temple hindouiste de la ville. On y rencontre une famille qui était avec nous dans le train entre Margao et Mangalore. Ils ont une adorable petite fille.
 
 
 
Et puis le train de nuit, couchette/cellule, barreaux aux fenêtres.
 
Douce nuit !
 
30.10, Réveil à Kochi, dans le Kerala
 
Une arrivée à Hernakulam à 4h du mat, évidemment on n'avait pas réservé de chambres (pour quoi faire ?) et les deux hôtels qu'on avait sélectionnés éteint évidemment, fermés…
 
On a finalement trouvé une chambre qu'on a quitté quelques heures plus tard pour prendre un chti bateau qui nous a amené sur l'île de Fort Kochi.
 
C'est plein de touristes mais c'est joli J
 
Des corbeaux partout, comme partout dans le Sud, d'ailleurs.
 
Un sujet dont on ne parle pas assez : les plafonds
 
Je suis cachée dans mon sac de couchage (oui, il fait tjs aussi chaud mais je suis grippée alors je m'enmitoufle), couchée les yeux ouverts vers le plafond depuis un moment. Géraldine me demande si ça va et je lui réponds 'j'écris un mail'.
Parce que j'étais occupée à en écrire un, dans ma tête (qui a dit folle ??).
 
 
 
Le plafond, ça n'a l'air de rien mais c'est quand même le mur le plus important d'une chambre, non ?
Quand on est couché sur le dos, position que j'emprunte toujours avant de m'endormir, on regarde inévitablement le plafond.
 
J'aime qu'il soit blanc. Neutre. Qu'il n'impose rien à mes songes.
 
Chez ma maman, j'ai un problème avec mon plafond. Il est mauve et orange, les deux couleurs séparées par une poutre. J'avais pourtant choisi les couleurs, mais je n'avais pas assez pensé à l'importance du plafond (ahhh, on ne pense pas beaucoup quand on est jeune !).
Notez que les rares fois où j'y dors encore, je rentre générallement très tard et ne prends pas la peine de le regarder.
Et dans tous les cas, j'évite parce qu'une poutre au milieu de mes songes, ça n'augure rien de bon.
 
J'aime mon plafond à Paris. Il est complètement blanc. Un rectangle blanc de 4 mètres sur 6. Pas de lampes au milieu. Que du blanc.
Ideal pour penser.
J'adore me jeter sur mon lit et passer des heures à réfléchir en regardant ce plafond. C'est comme ça.
 
Si je vous raconte cela maintenant, c'est parce que dans notre chambre, ici à Kochi, le plafond est glauque, effrayant, sale.
Je l'observe et je suis épatée qu'un plafond puisse être aussi sale.
Parce qu'il faudra m'expliquer comment on salit un plafond. On ne marche pas dessus, on peut très difficilement renverser quoi que ce soit dessus et la poussière ne peut s'y coller puisqu'elle retombe toujours au sol.
Du coup, je suis épatée par la saleté de ce mur.
 
J'arrête de le regarder parce qu'il me fait peur.
 
Il va falloir que je m'endorme sur le ventre, sinon, c'est certain, je vais faire des cauchemars.
 
Il y a des gens qui mettent des posters au plafond, d'autres des miroirs ou des étoiles… parfois même du tissu.
Moi je les aime blancs. Sans ombre.
 
Et vous, vous les aimez comment ?
 
Inde - Kochi et du train, beaucoup de train !  
Kochi c'est comme Goa. Ce n'est pas une ville. C'est un nom donné à Hernakulam, Fort Cochin et d'autres petites îles.
On avait opté pour Fort Cochin comme manifestement beaucoup de touristes.
En descendant du bateau, disons que le premier km2 est exclusivement réservé aux touristes, hôtels, restos, boutiques.
Ca fait bizare en arrivant de Mangalore où on vient de passer 3 jours en n'en voyant aucun.
 
On y a loué des vélos et on a quitté ce carré occidental et avons découvert une belle île.
Tranquille.
Vivante.
 
 
On s'est pris la première pluie de notre séjour.
Et la deuxième aussi.
 
 
A Kochi, on s'est également fait une journée Backwaters.
Mmmm, que je me rappelle pourquoi ça s'appelle comme ça…
Erghhh
J'ai jamais été très attentive aux explications moi !
En gros, c'est de l'eau qui vient du fond (hum hum) et on y navigue sur des petites barquettes.
 
 
 
 
 
Paysage superbe ! Géraldine s'est régalée ce jour là et elle a mitraillé de photos !
 
 
 
 
 
 
 
Et puis on est partie de Kochi.
14 h de train pour Bangalore….
 
Et je vous ai pondu une vraie tartine pendant ce trajet.
Tracassez pas, je ne serai pas du tout vexée si vous ne la lisez pas jusqu'au bout !!
 
 
2.11. Train Kochi – Bangalore
 
Traverser la Belgique en train, 5 heures maximum.
Traverser un état en Inde, une journée minimum…
 
Le train en Inde est une réelle expérience.
On apprend à connaître le pays mieux que de n'importe autre manière. On observe les gens parler, s'asseoir, manger, dormir, s'occuper. On converse avec eux, on échange sur nos vies.
 
Les trains ici sont vieux. Datent-ils des anglais ?
Ils sont désinfectés une fois par mois.
Je viens de voir que celui-ci a été désinfecté il y a 30 jours.
Zut, je vais encore me chopper des poux ! (ben oui, j'en avais ramené il y a 5 ans ! des corriaces, je vous jure !)
 
Rencontre avec une femme. Mariée depuis deux mois. Marriage arrangé. Elle a rencontré son époux le jour de son mariage. Mais elle l'avait déjà entendu au téléphone auparavant (ah quand même !).
Elle parle si bien de ce système de mariage qu'on a envie d'appeler nos parents pour qu'ils nous trouvent un mari !
Elle est heureuse, veut « profiter de la vie ».
Elle a 19 ans et n'a pas tous les doutes que nous avons.
Elle nous a montré des photos de ses noces, cela avait l'air d'être un jour heureux.
Petite leçon de vie pour nous.
 
Le train c'est un résumé de l'Inde.
Ils sont toujours blindés. 4 personnes s'asseyent là où il n'y a que de la place pour 3.
Certains y dorment à même le sol, se protégeant avec du papier journal.
Dans les trains nous sommes tous pieds nus et mangeons tous avec la main droite.
Il n'y a pas de fenêtres aux trains. Il y a des trous et des grillages.
Les portes des wagons sont constamment ouvertes de sorte que l'on peut y voir défiler le paysage.
 
Il n'y a pas de poubelles. On jette tout par les fenêtres, c'est ainsi.
C'est comme partout en Inde. Vous pouvez parfois marcher une journée entière sans croiser une poubelle. Alors il arrive qu'au bout d'un moment, on se résigne et on jette par la fenêtre (honte sur nous !).
 
Dans les trains, on ne peut pas cracher. – DO NOT SPIT – Et ça c'est plutôt une bonne chose !
Parce que les indiens ils crachent sans arrêts et vraiment, ça, on ne s'y fait pas !
 
Et puis surtout dans les trains, il y a des toilettes !
L'expérience ne serait pas complète sans cela !
 
Un trou, une barre pour se tenir et un train qui secoue. Exceptionnel !
(mais notez que vu la faible fréquence de nettoyage, mieux vaut peut-être que ce ne soit qu'un trou !).
 
Les trains, on sait plus ou moins quand ils partent mais on ne sait jamais quand ils arriveront. 2h50 peut devenir 4h20…
Les coupures de courant et les vaches peuvent vous immobiliser en pleine campagne.
C'est ça l'Inde !
 
5.11. Train Bangalore – Goa
 
Nous entamons notre dernière semaine.
Il nous reste 5 jours pour remonter à Mumbai.
5 jours à ouvrir grand les yeux, les oreilles, les narines et l'exprit !
 
Nous quittons Bangalore, la plus difficile de nos étapes.
 
Bangalore c'est la Sillicon Valley de l'Inde. C'est un centre (MG Road) qui ressemble à Hollywood Boulevard, plein de magasins hyper chers et de fast-food, de jeunes cadres dynamiques et de pubs anglais avec AC et DJ.
 
Une claque.
 
 
Parce que Bangalore, c'est aussi des hectares de bidon-villes, c'est une ville à 2 vitesses où les différences sont tellement fortes que cela rend malade de le constater.
Très logiquement, les gens ici ne vont quasi jamais voir dans l'autre Bangalore.
Tous les rickshaws n'ont pas acceptés de nous amener d'un endroit à l'autre.
 
A Bangalore, on a aussi vécu un vrai déluge. De l'eau des orteils aux oreilles.
Cela nous a fait passer une soirée délicieuse qui ne l'aurait pas été autant si on n'avait pas eu le sentiment de la mériter autant.
 
Un resto divin, un cadre méridétanéen, rien d'indien. De la nourriture raffinée, des cocktails savoureux. Du luxe. Une annonce lue dans le Times of India, un coup de fil, un rickshaw, un déluge et nous y étions.
Apres la difficile journée que nous venions d'avoir, on en avait envie.
Une pause dans notre voyage.
 
 
 
Cette soirée nous a couté évidemment beaucoup plus chers que nos autres repas.
Indéscent, comme Bangalore.
 
Et puis nous sommes rentrés dans notre hôtel, à City Market, dans l'autre Bangalore… retrouvant les routes défoncées et les vaches endormies.
 
 
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Nous revoici donc dans un train nous ramenant dans la province de Goa à qui nous allons donner une seconde chance.
Nous sommes rentrées dans le train à 14 heures et nous arriverons à destination à 'maybe 6 AM'.
 
Un travesti en sari vient de passer à côté de nous.
Je suis surprise.
La semaine passée, en feuilletant le Cosmo Indien, je suis tombée sur un reportage sur un travesti de Mumbai. J'avais trouvé cela étrange.
Pourtant, cela ne me surprend jamais en Belgique ou à Paris.
Mais en Inde, dans une société qui semble vivre dans une autre époque, le décalage avec la norme est déroutant.
 
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Etre dans le train et regarder par la fenêtre c'est un peu comme regarder la télé.
 
 
On traverse des paysages, des villages dans lesquels nous ne mettrons jamais les pieds.
On vole des bribes de vie.
 
Des enfants qui jouent, des hommes qui creusent, des femmes qui lavent, des familles qui attendent…
On passe dans des villages et villes même pas citées dans nos guides.
Comme Tiptur…
Absent des guides car probablement pas de temple 'significatif' , pas d'hôtel, pas de restaurant. Mais pourtant mille et une choses sans doutes qui nous toucheraient.
 
Une constante en Inde : les femmes sont toujours élégantes. Qu'elles soient entrain de porter des paniers de terre sur leurs têtes, leur bébé dans leurs bars, qu'elles vendent des légumes sur un marché ou soient esthéticienne. Elles sont toutes magnifiques !
Des saris choisis avec goûts.
Elles ne semblent jamais se négliger..
 
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Le jour se couche et le train quitte Tiptur.
Quelques minutes passées ici, le temps de poser son regard sur des visages, des maisons, des pieds, des phares et le ciel…
 
Depuis combien de temps sommes nous dans ce train ? 3h ? 5h ?
 
Il y a deux semaines on ne tenait plus en place après 2H. Maintenant, on apprécie ces moments.
 
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Pour découvrir un pays, il y a deux choses à faire absolument : prendre le train et lire le journal.
 
Prenons TATA. Il s'agit d'une marque de voitures, camions, rickshaws que l'on croise partout.
On aurait pu en rester à Tata = marque de voiture indienne.
 
 
 
Mais dans le India Today de la semaine dernière, il y avait un long article sur cette entreprise qui fait la fierté du pays.
En 1907, monsieur Tata (ou quelque soit son nom !!) a souhaité emprunté de l'argent aux anglais afin de créer son entreprise. L'Etat refusa et il emprunta alors à des proches.
 
100 ans plus tard, ce groupe est sur le point de devenir un des plus grands groupes du monde (dans l'acier je pense) !
Ils possèdent même des sociétés belges ! et anglaises évidemment !
Quelle belle revanche !
 
Lire le journal (Times of India) ce matin, c'est aussi lire que 300 hectares de bidons-villes ont été détruits à Bangalore ce week-end en 11H. Un record annoncent-ils fièrement.
Est-ce un des bidon-villes que nous avons vu ?
Est-ce cela la solution de l'Etat ?
 
Lire le journal c'est lire les annonces matrimoniales et voir des parents chercher un mari pour leur filles ; des hommes cherchant des femmes, mais toujours en souhaitant la même caste.
Abolies les castes, dîtes-vous ?
 
Dans la presse, j'ai également lu l'intervieuw d'un gars qui a fait un MBA en informatique et qui gagne 6000 RS/mois (120 euros).
Deux pages plus loin, un encadré 'Object of Desire' avec un Nokia à 36.000 RS.
 
Vous imaginez combien de temps un gars qui a fait des études doit économiser pour s'acheter ces objet du désire ???
 
 
Se nourrir dans un train est un sport dans lequel Géraldine fait figure de débutante, en comparaison avec les indiens. Mais elle gère !
Je la laisse faire, ça a l'air de beaucoup l'amuser et moi je raconte…
 
Donc, il n'y a évidemment pas de voiture restaurant dans ces trains.
On avait survécu à notre premier voyage avec des biscuits.
Mais 15h de biscuits secs, vous en conviendrez, ça a un côté déprimant.
 
Alors voici les règles du jeu.
Chaque fois qu'un train s'arrête à une gare, il y a des vendeurs de nourriture sur les quais (le plus souvent, ils crient).
Ils vendent des petits paquets de nourriture aux noms bizarres, emballés dans du papier journal.
Un peu comme des pains surprise quoi !
Mais la vraie difficulté, est d'acheter et puis de remonter dans le train.
Le train s'arrête parfois 15 minutes dans de petites gares sans âme qui vivent (et sans rien à se caler sous la dent) alors qu'à peine 2 minutes là où il y a agitation (et du miam miam).
Les trains redémarrent sans sommation, sans coup de sifflet, pas de voix qui vous prévient « Attention à la fermeture automatique des portes ».
Il s'en va et c'est tout.
Mais comme les portes des trains ne sont jamais fermées, les gens remontent dedans alors qu'il a déjà commencé à rouler.
Jusque là, Géraldine a toujours réussi à remonter à temps.
Ouf !

 

6. 11, Gare de Margao
 
Gare de Margao, 5h58 du mat.
Maybe 6 AM qu'ils disaient à Bangalore…
Mais le contrôleur il nous a dit maybe 5 AM… alors on est réveillé depuis 4h30, et on a longuement attendu notre arrêt.
 
 
On continue l'attente, mais à la gare cette fois.
Dans 2h, les guichets de réservation ouvriront et nous achèterons alors nos billets de retour pour Mumbai.
 
Que d'agitation si tôt dans cette gare ; que de bagages pour une seule famille.
Et toujours les porteurs de bagages qui empilent des valises sur leurs têtes.
 
Quand on y pense… on se plaint toujours de n'avoir que deux mains.
Les indiens, eux, ils rentabilisent leur têtes ! Pas qu'intellectuellement.
 
6h15… Le temps passe moins vite que dans le train. Le paysage ne défile pas ici.
Les trains passent devant nous.
Les vendeurs de thé continuent à s'époumoner 'chai, chai, chai … »
Le soleil commence à peine à se lever mais il fait déjà chaud.
Hier à Bangalore on trouvait qu'il faisait moins chaud que d'habitude.
J'ai mis un jeans, de longues manches et des chaussures fermées.
Il faisait 27°… glacial, je vous le disais…
Nous nous sommes donc habituées aux temps, aux épices, à l'attente…
 
Les hommes portent presque tous la moustache ici.
 Herk !
Que celles qui considèrent cela sexy m'expliquent !
 
Les hommes chiquent du tabac et crachent. On ne s'y est toujours pas faîtes. Ni qu'ils se mouchent sans mouchoirs…
Nous trouvent-ils curieuses avec nos mouchoirs ?
Sont-ils choqués à chaque fois que je bois au goulot d'une bouteille ?
C'est considéré comme impur ici.
Mais j'ai essayé à plusieurs reprises de boire comme eux et je me suis soit renversé plein d'eau sur le visage, soit j'ai versé dans le mauvais trou et ça m'a fait longuement toussé. Ils sont fous, je vous dis !
 
6h28, un chien se frotte à moi.
Il veut quoi ?
J'ai pas de biscuits.
Je dois pas sentir très bon après une nuit passé dans le dortoir du train.
Mais lui il a des puces, alors ça vaut !
 
6h35, Géraldine fait des photos.
Si je n'arrête pas d'écrire, elle, elle n'arrête pas de capturer des instants. Chacune notre façon de raconter…
 
 
6h46, Géraldine se reprend un thé.
Je mets de la musique sur mes oreilles.
Ma musique est tellement contrastée avec le décor.
Enjoy the silence, ça passe encore. Mais les Scissor Sisters, c'est carrément cocasse !
 
6h54, revoilà le chien.
DEGAGE !
Il comprend pas le français.
 
7h02. J'achete le journal. Ca devrait m'occuper une petite heure…
 
10h30. Arrivée à Arambol. Réservation faîte pour Mumbai vendredi. Place à la dernière ligne droite !